Commentaires
 
Au sujet de La Peinture
 

Hester Van Wijngaarden

  Il n’y a pas une façon de peindre, il y a les façons. Le geste juste reste l’essentiel !
La vérité et la réalité sont deux concepts différents. La vérité étant figée, la réalité est en mouvance.
La vraie nouvelle lumière se trouve dans l’équilibre entre ombre et lumière.
La peinture ne peut évoluer dans un sens unique. Elle a besoin de son passé comme de son présent.
Tel un architecte, je scrute la toile, soucieuse de sa construction.
L’édifice perdra de sa fragilité quand le geste viendra donner son mouvement, sa vie.
 
Guy RIGO
 
  Taureaux, Eléphants, Chevaux sont parmi les plus gros mammifères terrestres. Ils symbolisent les forces de la terre. Ce sont des souffleurs dont la trompe et les naseaux exhalent la puissance tellurique. Ce sont des primitifs et des nobles. Symboliquement chargés dans l'inconscient collectif ils ont inspiré les mythes fondateurs de l'humanité et participent encore à l'histoire des hommes.

Le noir et le blanc, principales couleurs de l'œuvre sont aussi des primitives. Elles sont les forces d'opposition de toutes choses d'où naîtront la forme et la matière, les creux et les bosses, le rythme et la musique. Comme les ténèbres et la lumière du premier livre, le noir et le blanc sont le commencement, un ancrage génésique du geste de création, un constant rappel aux origines et aux énergies primordiales qui les animent.

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Chez Hester van Wijngaarden l'approche figurative du sujet se concentre dans le regard résolument réaliste. C'est le parti pris d'une représentation mimétique du monde. Entre ce qui est et ce que se perçoit se trouve l'œil, lui-même peint comme une tentative de vision non subjective du monde.
C'est le contre-pied d'une démarche d'appropriation délibérément transformatrice et personnelle.
Le réel n'est pas à fuir. Le réel n'est pas un rêve ni une philosophie. Le réel est. L'œil nous le rappelle avec une singulière insistance.
Faut-il  le courage, la sagesse et la noblesse des souffleurs pour porter ce regard là et nous inspirer? Peut-être. Ces trois monstres sacrés de l'histoire des hommes, sous la brosse et les pinceaux d'Hester van Wijngaarden, sont devenus mentors.
A la lumière d’un œil tutélaire s’amorce une réflexion sur le monde et sur notre rapport à lui, émerge une idée. Entre le temps qui s'écoule - l'éléphant vieillard - et le temps qui s’arrête - le taureau sacrifié -, il existe le temps de la liberté ou celui de la libération - le cheval. Il est la clé de voûte d'une nouvelle parabole. Le cheval est le seul acteur de la trilogie qui est saisi en postures complexes et parfois libéré de l'apesanteur. Il traduit dans un lyrisme fougueux l'exaltation de vivre.

L'approche picturale proposée par Hester van Wijngaarden est bien celle d'une nature vibrante et kinesthésique. Par les modelés du corps, la turgescence des veines, la saillance des masses musculaires, l'épaisseur des peaux crevassées, elle donne à toucher, à pétrir, à palper.  C'est un monde physique qu'elle évoque, qu'elle invoque et qu'elle provoque enfin dans une sorte d'obstination à produire de la matière vivante à partir d'une surface plane.
On se souvient de la phrase de Paul Eluard : « Le poète inspire plus qu'il n'est inspiré ». Le peintre inspire.

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Pour autant si l'effort de figuration prévaut dans l'approche du vivant, il finit par céder le pas aux injonctions du "Je" et de la projection subjective.  Les touches rouges et bleu nous le rappellent. Plus encore les abstractions du second plan (du fond?) dont les courbes et les droites isolent le sujet de son environnement naturel et le replacent dans un univers de géométrie segmentaire, d'ondes et de flux magnétiques.

Il n'y a pas d'arbres, il n'y a pas de prés, pas de ciels. C'est la vision du treillis matriciel auquel le sujet s’adosse.
Finalement la dichotomie l'emporte.
Entre nature et culture, l'animal nous observe.

 
Daniel LEFRANC
 
  Hester van WIJNGAARDEN peintre animalier?
Certes Hester peint des éléphants, des taureaux et des chevaux mais ce qui nous submerge c’est un autre regard porté sur la gent animale. Hester nous contraint à voir dans « la plus ; grande conquête de l’homme » : le cheval, un être qui vit qui souffre qui a peur, qui rue, qui s’ébroue…
Le personnage central de sa peinture: « le cheval » est doté d’une âme et de sentiments, qu’elle nous permet de percevoir grâce à la magie de son expression picturale.

Romantique? Assurément, mais à la manière d’un Géricault capable de cristalliser dans le regard du cheval la frayeur du cuirassier blessé quittant le champ de bataille (1812).
Romantique ou plutôt lyrique?
Les animaux mis en scène sont rarement au repos, Hester se plait à évoquer la vie, emprisonnant dans des instantanés les soubresauts d’animaux débordants de vitalité, de fougue. Cette fougue nous la retrouvons dans sa pratique picturale; en s’exprimant habituellement sur des grands formats, la gestuelle du peintre est ample, généreuse, et en ce sens, Hester laisse percevoir un certain lyrisme.
Quant au romantisme il serait à rechercher dans les éclairages de ses modèles...et dans la pénombre qui les enveloppe.
Si le classicisme repose sur la réutilisation des œuvres antiques (ou remises au goût du jour), le romantisme prend plaisir à privilégier l'imaginaire, l'envolée lyrique, la fougue, la violence des sentiments.
Les animaux d’Hester évoluent en dehors de tout contexte identifiable, pourtant « les fonds » ont souvent pour mission d’exalter le mouvement de l’animal. Ils participent à la dynamique de l’œuvre. Les animaux évoluent fréquemment dans l’ombre où un éclairage théâtral révèle l’éparpillement d’une crinière ou les plissements ancestraux de l’épiderme des éléphants. En ce sens, la peinture d’Hester s’inscrit dans un romantisme formel, plus que conceptuel. La violence de ses figures, la nervosité de l’écriture, la maîtrise parfaite de la lumière et du dessin en font une artiste inclassable, étrangère à tous les mouvements, à toutes les écoles.

Dans l’acte de peindre ses figures animalières, Hester traque paradoxalement «l’humanité», qui émerge et nous éclabousse.
Cette bonté, cette compassion lisible dans l’expression du regard de l’animal nous renvoie à la maîtrise de son Art, car ne nous y trompons pas, ce qu’Hester nous communique, cette «illusion de la spontanéité» masque le travail intense que l’artiste effectue sur elle-même.
 
Virginie GUIGNOT
 

 

S'arrêter et regarder.
Un regard, un mouvement, un instant.
Hester van Wijngaarden travaille sur des séries, il y a les taureaux, les chevaux puis les éléphants.
Les tableaux sont autant de fragments géants de vie. Le cadre est morcelé, l'animal est le plus souvent décontextualisé.
L'ultra réalisme côtoie le fantomatique, l'épure sublime l'académisme. Chercher l'essence de cette force brute qui transcende
la barrière des espèces : Matière, mouvement, lumière, l'empathie que provoque un regard...

S'arrêter et regarder. Peut-être essayer de comprendre ?
La fragilité monumentale de l'éléphant, la fureur du taureau, la coopération bienveillante du cheval. Chaque toile d’Hester van Wijngaarden
est un portrait en creux de l'énergie sauvage et brutale de notre nature, et nous pose obsessionnellement cette question :
Finalement de l'animal ou de l'humain, qui regarde qui ?

Qui comprend qui ? Qui juge qui ?
 
Thierry PIQUET

 

Hester Van Wijngaarden , à la manière d’un « chasseur chaman », capture l’énergie des animaux pour la libérer sur la toile.
Les sujets qu’elle choisit - le taureau, le cheval, l’éléphant - constituent des archétypes, symboles d’une mythologie universelle : la force de terre du taureau, la puissance tranquille de l’éléphant, la noblesse émotive du cheval,

On est loin de la tradition picturale animalière bien léchée; l’artiste triture les corps mais en respectant ce qu’ils expriment. Elle brise l’anatomie par un travail sur les matières et la lumière. Sans cesse, elle recompose et interprète son bestiaire.
Hester Van Wijngaarden crée de manière totalement libre, instinctive, primitive et pleine d’une énergie vitale.
Elle revendique la simplicité d’une peinture qui gomme la frontière entre figuration et abstraction.
Les formats sont imposants, pourtant les sujets cherchent à se libérer de leurs cadres. Ils y parviennent parfois. La palette, elle, est sobre: des noirs et des blancs purs, des gris nuancés, des ocres, tout une gamme de bruns. Les couleurs viennent discrètement apporter de la vie. Ses oeuvres fortes sont le résultat d’un équilibre fragile entre ombre et lumière, entre ce qui est représenté et ce qui est suggéré.

« L’ordre dans le chaos, l’obéissance dans l’indiscipline, c’est un rêve du réel et la réalité rêvée »

Hester Van Wijngaarden vit et travaille en Aveyron. Depuis une dizaine d’années elle a exposé son travail dans différentes villes de France dont Paris, mais aussi à l’étranger à Memmingen, Malaga, Barcelone, Amsterdam et Londres.




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